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Revolving – Brav

brav

Peu de lettres permettent de différencier revolver de revolving et, en le disant vite, il y a moyen de se tromper entre les deux. Cette proximité entre ces deux noms n’est pas forcément que sonore. En effet, si le revolving n’est pas une arme au sens classique du terme, il est, par contre une arme financière qui en a conduit plus d’un à se foutre en l’air.
Autrefois appelé crédit permanent (à croire que le terme, plus juste, était moins vendeur), le crédit renouvelable, ou revolving, est un crédit à la consommation incitant à la sur-consommation et provoquant, généralement, le surendettement.
Ce type de crédit est incroyablement facile d’accès. Tu vas faire tes courses dans une grande enseigne et te voilà avec 1 kilo de pommes, du poisson surgelé et une carte de crédit. C’est tellement facile que tu n’as presque pas besoin de demander. Ce que les slogans ne disent pas en revanche, c’est que si le revolving est souple et facile d’accès, il a aussi la particularité d’avoir des taux d’intérêts (très) importants et, surtout, variables.
Bien évidemment, le public cible – qui n’aura jamais aussi bien porté ce dénominatif – sont les personnes aux bas revenus, à qui on vend le rêve de pouvoir consommer sans limite…Jusqu’à ce qu’elles se retrouvent non plus dans un crédit permanent, mais dans un endettement permanent à cause des taux d’intérêts exorbitant
Vous connaissez l’adage : On ne prête (à taux zéro) qu’aux riches. Les autres se font enfler.

Est-ce cette proximité, de sens et de son, entre revolver et revolving qui a conduit Brav a donné le nom de ce crédit au titre ouvrant son second album solo Error 404, sorti en février dernier ? J’aurai tendance à le croire en entendant sa dernière phrase : « J’écris mes textes sur des balles pour qu’ils me rentrent mieux dans la tête« .
Durant 4 minutes 04 (durée de toutes les chansons de l’album, à l’exception d’une faisant 8 minutes 08), le rappeur havrais décrit, dans un texte dur et sans concession, la « Sous France« , »Celle des visages sans nom à la voix grave à cause des blondes, Qui n’auront de vue sur le monde que d’une télévision Revolving« , que l’on tue et qui se tue à petit feu.

Le côté froid et mécanique de l’instrumental, qui me rappelle les sons utilisés dans le rock industriel, est renforcé par l’utilisation subtile de l’autotune. Pour avoir vu le monsieur en concert, je sais que l’autotune n’est pas ici un cache-misère pour voix faiblarde, mais bien un outil. Robotisant la voix de Brav, et accentuant par le même coup la dureté du texte et de la musique, l’autotune est suffisamment bien dosée pour ne pas lui faire perdre son humanité.

Si Brav est dur, il n’est pas pour autant cynique et ce qu’il fait ici, mais aussi dans l’ensemble de son travail, est terriblement humain. Et c’est justement cette humanité – n’occultant ni les failles, ni les erreurs (404 ?) – qui fait que Revolving est un titre qui touche et s’écoute encore et encore.

(J’en profite aussi pour saluer le travail fait autour du clip. Grâce à lui, Revolving s’écoute et se regarde)

 

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